Regarde la carte. La montagne ne fait pas d’effort pour être haute. Elle ne se compare pas aux collines, elle ne s’abaisse pas devant la mer. Elle existe dans sa forme, et cette forme suffit.
Ainsi en toi : il est des instants où tu n’as pas besoin d’agir, ni de corriger, ni de t’élancer. Ta présence seule est force. Ton immobilité est déjà un acte. Être stable, c’est offrir au monde un point d’appui qu’aucune tempête n’ébranle.
La montagne n’a pas choisi sa place. Elle ne dit pas : « Je suis ici pour protéger » ou « Je suis là pour défier ». Elle est simplement là, et de sa constance, la vie s’organise autour d’elle. Les ruisseaux descendent de ses flancs, les arbres s’accrochent à ses pentes, les oiseaux trouvent refuge dans ses replis.
Quand tu contemples la montagne, tu contemples ta propre capacité à demeurer. Il ne s’agit pas de dureté, mais de présence. Il ne s’agit pas de rigidité, mais de stabilité.
Assieds-toi comme elle : les vents viendront, mais tu ne seras pas dispersé. Les orages éclateront, mais tu ne seras pas détruit. La montagne sait que tout passe, sauf son socle.
Sois montagne, un instant. Et découvre que dans cette immobilité, tu touches à l’éternité.
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