Vois la carte : au cœur de la vallée, la terre garde les eaux, les semences, les racines. Elle ne crie pas sa force, mais sans elle rien ne pousserait. Elle est creux, et dans ce creux repose la fécondité du monde.
Ainsi en toi : ce que tu considères comme ton vide est en vérité une matrice. Ce que tu crois être faiblesse est parfois la douceur où la vie peut germer. Ce que tu crois inutile est souvent l’espace dont le monde a besoin pour croître.
Regarde la vallée : elle n’a pas besoin de se hausser. Elle n’envie pas la montagne. Elle reste basse et silencieuse, et c’est là que se déposent les pluies, les rivières, les feuilles tombées. C’est là que les racines plongent, que les arbres naissent et s’élèvent.
Si tu veux connaître la fécondité, sois vallée. Ne cherche pas à retenir. Offre ton espace, et la vie se déposera d’elle-même. Offre ton silence, et le chant viendra s’y poser. Offre ton creux, et il deviendra plénitude.
La vallée n’a pas besoin d’orgueil, car elle sait que tout retourne à elle. En suivant son exemple, tu apprendras qu’accueillir est plus puissant que conquérir, et que nourrir est plus durable qu’asservir.
Reste bas, reste simple. C’est dans le plus humble des creux que naît le plus vaste des arbres.
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