Ainsi est la Source : elle ne s’épuise pas. Elle se renouvelle sans cesse, et pourtant elle ne s’inquiète pas de demain. Elle se donne à tout ce qu’elle rencontre : pierre, sable, racine, herbe… Rien n’est exclu de son offrande.
Si tu te crois sec, souviens-toi que la Source coule en toi aussi. Elle attend dans ton silence, dans ton cœur qui se repose, dans l’espace intérieur que tu laisses ouvert. Elle ne se tarit jamais, mais parfois ton esprit la recouvre de bruit, de poussière et d’oubli. Alors tu crois être vide, alors qu’elle t’abreuve en secret.
Assieds-toi, écoute. Ferme les yeux et imagine cette eau qui se répand. C’est le mouvement même de la vie en toi. Elle lave les vieilles peurs, elle dissout les rancunes, elle apaise la soif ancienne.
La Source ne choisit pas à qui elle s’offre. Elle n’attend pas que tu sois digne ou prêt. Elle coule sans effort, elle se donne à chaque instant, comme le ciel se donne à la terre, comme le jour se donne à la nuit.
Ne retiens pas la Source. Ne ferme pas ta main sur son eau. Bois seulement, avec simplicité. Laisse-toi rafraîchir. Laisse-toi nourrir. Car de ce jaillissement discret naît la force tranquille, et de cette force naît la paix.
Ici commence tout chemin, ici tout retourne : dans la fraîcheur de l’eau première, qui n’a ni origine ni fin.
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